Vrais et faux débats : foi chrétienne et
logique
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éditorial du Bulletin d’EEChO n° 23 (été 2011) Les
mêmes causes donnent toujours les mêmes effets. C’est ainsi que l’Evangile
enseigne à juger « l’arbre à ses fruits » et à reconnaître les
« faux prophètes » (Mt 7,17-18). Or, certains discours veulent nous
faire penser au contraire que des effets continuellement néfastes ne
pourraient n’être que des dérives indues d’une « Cause » qui, elle,
serait bonne en soi. Qui peut croire cela ? Et en particulier, quelle
« cause » pourrait être bonne si elle entend faire disparaître la
foi chrétienne et les chrétiens, depuis des siècles ? Les projets
« religieux » ou « politiques » (ou plutôt les deux
ensemble) qui pensent le monde comme une globalité à « guider » –
évidemment au nom d’un supposé « Bien » – impliquent toujours un
tel objectif : gommer la foi chrétienne dans les cœurs et s’y substituer
pour manipuler les gens sans plus d’obstacle. À côté de cela, le remplacement
de tel ou tel régime politique gênant par un autre plus docile est une
babiole. L’Islam est une telle
« Cause ». Le cas récent du
pasteur iranien Yosef Nadarkhani,
un converti de 32 ans, l’illustre bien. En 2010, il avait été condamné à la
pendaison, mais il avait fait appel à la Cour Suprême ; celle-ci vient
de créer un précédent juridique en décrétant que le pasteur devra choisir
lui-même entre
la mort et l’abjuration : cette décision, contraire à toute notion
de droit, vise la foi chrétienne elle-même – prions pour
lui ! Certes, un tel déni de droit n’est pas une exclusivité
islamique ; d'autre part, il apparaît aujourd’hui que l’Islam est
fortement manipulé. Ce sont deux raisons supplémentaires de parler de
l’Islam : quand on en parle, on est justement amené à regarder bien au
delà. Explication par un exemple. Prenons
la liberté d’expression. Dans son histoire et d’abord dans ses fondements,
l’Islam y est farouchement opposé. Une telle « liberté », on peut
le concéder, ne peut effectivement pas être absolue. Cependant, si certaines
opinions peuvent et doivent être tenues pour dangereuses en tant qu’elles se
répandraient dans la sphère publique, elles ne peuvent l’être qu’en fonction
de jugements résultant de débats libres, contradictoires et donc fondés – et
non pas en fonction de fatwas ou de lois civiles ! Or, nos
« démocraties » ne connaissent pas ces nécessaires débats, et ont
même créé des « lois » criminalisant telle opinion ou
attitude : elles agissent ainsi à la manière des Etats islamiques. En
toute logique, certains voudraient alors qu’elles édictent des lois
criminalisant toute critique de l’Islam – en attendant, en Europe, des
« polices de la pensée » y veillent. L’Islam serait-il donc devenu
si utile à la gouvernance mondiale et à la manipulation des peuples, qu’il
faille le protéger et le promouvoir dans l’espace public ? Pourquoi tant
de gens au pouvoir craignent-ils les débats et ce qui pourrait en sortir de
vérité ? Qui détient le pouvoir médiatique, si déterminant pour empêcher
ces débats et « diaboliser » telle ou telle pensée (en particulier
la pensée chrétienne) ? Une
petite victoire médiatique a été
obtenue aux Pays-Bas le 23 juin dernier par la relaxe du député néerlandais Geert Wilders, dont la critique
sur l’Islam était pénalement poursuivie au titre d’incitation à la haine
raciale, comme s’il s’agissait d’une question ethnique. Ce point était
d’ailleurs injurieux à l’égard des milliers de chrétiens d’origine proche- ou
moyen-orientale et qui se sont réfugiés dans ce pays. La société civile ne
peut que se réjouir de cette relaxe, qui va dans le sens de la nécessité des
débats. C’est seulement ainsi que peuvent être écartés aussi bien tout rejet
des personnes, que toute complaisance envers les systèmes d’oppression. Parmi tous les débats nécessaires, il
en est un qui importe plus que tout autre du fait de ses enjeux : celui
sur le christianisme apostolique. On en est loin, l’espace médiatique étant
occupé par la dogmatique voltairienne qui, contre tous les faits avérés,
s’entête à prétendre que la foi chrétienne est le produit d’un
« christianisme du quatrième siècle ». Derrière ce délire se
cachent des enjeux capitaux : comprendre combien le christianisme a été
la source d’une révolution spirituelle et d’un progrès humain inouï (au sens propre) dès le premier siècle, mais aussi
qu’avant même la fin de ce premier siècle, deux contrefaçons sont apparues
par retournement. Ces deux
perversions post-chrétiennes ont façonné, en opposition au christianisme,
le monde tel qu’il est devenu dans ses aspects les plus mensongers et
monstrueux. Il n’y a rien de bon en soi à espérer en elles. Pour dire les choses autrement, aucune
« Cause bonne » n’a jamais été suivie historiquement de
« dérives indues » et perverses, sinon la foi judéochrétienne. À
l’inverse, les
discours politiquement corrects affirment que « toute religion »
est bonne en soi, le mal se situant dans les supposées dérives
« fondamentalistes » de chacune. Ceci est faux. Il n’y a qu’une
« religion » (pour peu que ce mot ait un sens définissable) qui ait
subi des contrefaçons, c’est le christianisme des Apôtres, celles-ci visant à
le détruire et à le remplacer. Les deux mille ans qui ont suivi n’ont vu que
les développements et avatars divers de ces dérives premières. Et parmi ces
avatars, les formes dominantes actuelles sont respectivement le consumérisme
individualiste et amoral, et les systèmes islamiques. C’est insidieusement
trompeur que de supposer une source pure dans
l’amoralisme « occidental » qui se prétend humaniste, ou dans l’Islam qui se prétend religieux
et inspiré. La source pure existe, mais elle est bien antérieure et
unique : c’est l’Evangile que les Apôtres ont répandu. Les plus âgés
d’entre eux ont d’ailleurs connu les premières formes des contrefaçons
antichrétiennes ; c’est ainsi que des critères de discernement se
retrouvent déjà dans le Nouveau Testament. Les chrétiens devraient méditer
ces critères que Jésus lui-même avait augurés : “Tout arbre bon produit de bons fruits, mais l’arbre
pourri produit de mauvais fruits. Et un bon arbre ne peut pas porter de
mauvais fruits, ni un arbre pourri porter de bons fruits”. Et tout
homme, quelle que soit sa (non-) croyance, pourra trouver, dans ces deux
phrases formant un carré logique (et qui devraient être mises en cadre dans
toutes les maisons), la clef indispensable en vue d’un discernement toujours
meilleur, tandis qu’une masse toujours plus grande de messages inexacts ou
erronés emplit l’espace culturel d’aujourd’hui. |