Schéma des deux dérives fondamentales de la foi (du 1er siècle à nos jours)

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- christianisme (des Apôtres) -

Le Messie [Yešûa], innocent de tout mal, sauve du Mal par l’Esprit Saint :

  Il offre d’étendre sa puissance de salut

– qui fait passer à la nouveauté d’un lien nouveau avec Dieu, les autres et le monde –

déjà aux structures de nous-mêmes / dans le futur aux structures du monde

 – les deux dérives

proto-gnosticisme /gnose               >

point de départ : l’expérience des dons de l’Esprit en nous

déviation : « Je possède la Vérité / l’Esprit »

structuration doctrinale : Le salut est en l’individu (d’où il doit surgir). Chacun fait sa vérité. Chacun est "Dieu" (comme Jésus, modèle de l’Illuminé)

"Dieu" ne peut pas aimer (Il n’est pas Quelqu’un)

– l’amour est matériel, donc nuisible au spirituel –

Il n’existe réellement ni bien ni mal.

structuration « ecclésiale »: les "purs", "libérés" du monde matériel /humain, ouvrent à l’Humanité l’accès au monde supérieur (du grand Tout, des anges, etc.)

préalable : se posant en "victimes" de l’Eglise apostolique, ils comptent éliminer celle-ci (par englobement surtout)

ou contrefaçons –

<            judéo-nazaréisme (messianisme)

point de départ : le Royaume à venir du Messie de Dieu

déviation : « Dieu nous a choisis pour établir ce R. »

structuration doctrinale : Le salut, collectif, doit être bâti dès maintenant (à l’origine : il faut reprendre la mission du Messie empêché de l’accomplir, et qui a été enlevé au Ciel)

"Dieu" ne veut pas aimer (Il est trop au-dessus)

– l’amour crée un lien, donc détourne de la Cause

En vue de vaincre le "Mal", tout moyen est bon et pur.

structuration « ecclésiale »: innocents de tout mal, les "fils de la Lumière" sont les lieu-tenants de Dieu sur la terre pour libérer et soumettre celle-ci (à l’origine : assurer le retour du Messie)

préalable : se posant en "victimes" de l’Eglise apostolique, ils comptent éliminer celle-ci (par écrasement surtout)

Les hommes se répartissent entre "purifiés" (des liens terrestres) et inférieurs, qui sont (encore) impurs

LIBERTARISME (de l’individu "libre")

"FOI" : voir le monde avec le "je" pour centre

"ESPÉRANCE" : parvenir au delà du bien et du mal

"CHARITÉ" : compassion, aider autrui à "s’épanouir"

Une conscience nouvelle va remplacer l’ancienne

désacralisation (rien n’est saint, tout est saint)

Systèmes de salut par la connaissance ou la magie

Parmi les suites : 20e siècle : spiritualisme, consumérisme.

dialectique visant à dépasser les contradictions intérieures

Parasitisme, fermeture sur soi, attirance vers le néant.  Au final : autodestruction personnelle.

Les hommes se répartissent entre "sauveurs" et "ennemis" des premiers (et donc ennemis du Salut)

SOUMISSION (au "collectif")

"FOI" : croire en la domination totale de la "Cause"

"ESPÉRANCE" : conquérir et conformer le monde

"CHARITÉ" : gagner autrui à la cause / au parti

Un monde nouveau va remplacer l’ancien

sacralisation du pouvoir (des "bons") 

Systèmes de salut visant la domination du monde

Parmi les suites : 20e siècle : totalitarismes athées ou religieux

dialectique visant à dépasser les contradictions extérieures

Système de prédation / terrorisme, destruction tout ce qui est "autre". Au final : autodestruction collective.

 

 

 

 

 

 

Quelques rappels sur ces deux réductions en sens opposés :

Comprendre le gnosticisme

 

Quelles que furent les formes intellectuelles ou populaires (magiques) prises ensuite, la dérive gnostique provient d’une ré-interprétation individualiste du salut judéochrétien ; elle se structura après l’an 70. Jésus y apparaît comme le maître illuminé qui montre à ses disciples le chemin de la délivrance.

Le point de départ de la gnose fut une sorte d’usurpation de l’expérience de « l’Esprit », tenu pour une parcelle de puissance divine enfouie en nous ; cet enfouissement  serait la cause du mal et de la souffrance humaine. L’histoire de cette dérive dans les différentes régions du monde est encore partiellement à découvrir, jusque dans l’actuelle idéologie de jouissance et de consommation.

 

Découvrir le judéonazaréisme

 

La dérive de ceux qui se sont appelés « nazaréens » (et dont le noyau dur est issu de Jérusalem) s’est structurée à la suite de la destruction du Temple en l’an 70. Il s’agit d’une ré-interprétation « messianiste » du salut judéochrétien ; elle va jusqu’à penser que l’humanité entière doit être soumise à ceux qui possèdent les clefs de son salut – les « croyants » purs –, et cela par tous les moyens.

L’influence de cette dérive judéonazaréenne s’est exercée à des degrés divers un peu partout mais, dans la formation de l’Islam, elle est directe et déterminante : le groupe arabe puis Muhammad qui allait devenir son chef de guerre ont été formés par des membres mêmes de cette mouvance.